Plus dead tu meurs!

Article publié dans la rubrique musicale de Zélium n°6.

« Punk is not dead ! », il paraît. C’est ce qu’avait l’air de penser ce type croisé dans un concert de punk rock à Panam. En tout cas, c’était imprimé sur son t-shirt. Il faut dire qu’avec sa casquette badgée, soigneusement placée sur le côté de sa petite tête, ses trois SMIC de tatouages, son i-phone à la main et sa tronche couverte de piercings et de boutons, le gaillard avait tout l’attirail du parfait petit rockeur branleur. Bozo lui-même n’aurait pu rêver de déguisement plus clownesque.

Après avoir malicieusement engagé la conversation avec lui, je découvrais qu’il était l’organisateur de ce concert étiqueté « good night white pride », c’est à dire antifasciste. On est bien d’accord, l’habit ne fait pas le moine. Mais ce moine là, en plus d’avoir l’air d’un con et de n’avoir rien de défroqué, portait avec fierté les attributs de son hypocrisie politique. Laissant le guignol à ses textos sur écran tactile, je retournais me prendre une canette dans l’espoir d’oublier cette mauvaise farce. Hélas, un autre rigolo continua d’attiser mon dépit. Coiffé d’une belle crête verte au gel Dop, vêtu d’un perfecto neuf façon Ramones de superette et d’un jean déchiré comme à la téloche, le gravos bourré commençait à se livrer sans ambages. « Ouais, j’ai créé une assoc’, j’organise des concerts de punk». Interrogé sur son financement, le type lance : « je taffe pour payer le truc, tu vois, un boulot qui m’ permet de bien toucher ». « Et tu fais quoi ? ». Un peu gêné, il répond timidement : « Ben je bosse pour TF1, graphisme, montage vidéo, tout ça… ». Véridique ! Je commençais à me sentir mal, et ce n’était pas seulement à cause de la bière chaude. Si le punk n’est pas mort, ce soir là il refoulait quand même pas mal la charogne.

Bon, ce constat n’est pas franchement dramatique, on sait bien que le punk a commencé à s’éteindre dès son apparition, il y a quelques décennies. C’est du côté de ceux qui ne revendiquent pas forcément cette étiquette que l’on peut trouver la meilleure scène, véritable héritière de cette mentalité libertaire d’origine. Des exemples il y en a plein, parmi les groupes qui ne font pas le bonheur des médias chiasseux, parmi ceux qui jouent parce qu’ils ont encore quelque chose à dire et qui vivent leur rage et leurs rêves plutôt que d’en consommer des ersatz préfabriqués.

Il y a quelques mois, Prince Ringard sortait un nouveau cd intitulé « Satanique conversion ». S’il est disponible à prix libre sur le net*, tous les albums sont aussi téléchargeables gratuitement**. Tant pis pour la pitoyable Hadopi et les maquereaux de la culture ! Les Clébards sortaient leur troisième album à peu près en même temps, « Le genre humain », et sur le sujet il y a beaucoup à dire. Radicalement moins cher que chez les « artiss » et les voleurs de la Fnouc, vous pouvez le commander sur leur site***. Aux camarades keupons vendus, un slogan à ne pas imprimer sur t-shirt : « Le punk c’est dans la tête, pas dans la crête ! ».

*http://www.princeringard.lautre.net/
**http://www.dogmazic.net/
***http://www.lesclebards.com/

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