La montre magique et le président

Sixième Fable de la Femme Fontaine, publiée dans La Mèche n°8.
Texte d’Etienne Liebig.

Un homme de petite taille
Parce qu’il était moqué enfant
Etait devenu une canaille
Jaloux, complexé, énervant.
Il se rêvait Napoléon
Couvert de gloire et de médailles
De luxe, de décorations
De sang versé à la bataille.
Mais on l’appelait  « président »
Un nom de petit camembert
D’un petit pays décadent.
Hargneux, il essayait souvent
De se mêler à des débats
Mais c’était parler dans le vent
Puisqu’on ne le voyait pas
Il mit un jour à son poignet,
Une montre extraordinaire.
Les hommes se retournaient
Le dévisageant d’un air
Jaloux. Les femmes soudain
Le toisaient amoureusement
Sans aucun dégoût, ni dédain
Rivalisant de compliments
Sur la taille de sa Rolex.
Finis les galères, les misères
Les psychiatres et tous les complexes
Le nain est devenu géant
Grâce à sa montre magique…
Ça aurait pu durer mille ans
Mais par un mauvais jour tragique
La rue soudain se souleva
Dans d’immenses manifestations
Sous les youyous, sous les vivas
S’ourdissait la révolution.
L’homme sortit donc sur sa terrasse
Et tendit son porte bonheur.
Indifférente, la populace,
Répondit par un doigt d’honneur

Moralité

Casse toi, pauv’ con !

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